- Argumentaire
Dans la société moderne où l'on prône la jeunesse, la beauté, le dynamisme, la rentabilité, la mort est de plus en plus reléguée au rayon des sujets tabou. On évite de la parler, de la montrer, les rituels se perdent, les familles se disséminent, la société minimise son rôle d'accompagnement, les croyances s'étiolent. En Polynésie, nombreux sont les praticiens de tout horizon qui côtoient, accompagnent, aident, soignent, des personnes en fin de vie et leurs familles. Qu'ils soient généralistes, spécialistes, religieux, soignants ou simples parents, leur fonction est de pouvoir prévenir la survenue de phénomènes dépressifs ou de malaises profonds, chez les personnes endeuillées dans des circonstances diversifiées (accidents, maladies graves, suicides...).
Les pratiques d'accompagnement des familles des défunts sont complexes et variées selon les coutumes, les traditions, les cultures, les théories ou les religions. Tous sont concernés autant par ceux qui sont partis et qui, quelquefois, reviennent sous une forme ou sous une autre, discrets ou encombrants, bénéfiques ou maléfiques, que par ceux qui restent, ceux qui sont dans le chagrin, dans le traumatisme de la perte et de la séparation...
La mort ou plutôt les morts nous convoquent, ils nous rappellent notre humanité limitée, (permanence, perpétuation, pérennité de l'être de la lignée du groupe, invisible, questions existentielles, mystère, recherche ou quête de sens à la vie et à la mort...) et notre lien au sacré.
Ce thème de rencontre autour du travail de deuil, en quelque temps qu'il se passe, de quelque lieu qu'il se place, interpelle chacun de nous à un niveau profane, à un niveau professionnel, à un niveau social, culturel ou religieux...
- Objectifs :
- Initier une expression et une circulation plus libre de la parole, sur les préoccupations, questions et pratiques autour des morts et
des ancêtres et de l'accompagnement des familles au niveau des usagers et des professionnels dans des champs d'intervention pluridisciplinaire.
- Lever les processus d'évitement et de déni autour du vécu douloureux, angoissant et quasiment tabou de la mort, (désacralisation) dans un objectif de traitement et de prévention
- Prévenir les risques d'effondrement et la dépression des personnes en contact avec la mort (patients mourants, proches et parents,
professionnels d'aide ...)
- Population cible :
Ouvert au public et aux professionnels de tout champ d'intervention (santé, social, éducation...) interpellés par la question de la mort et du travail de deuil .
PROGRAMME
JEUDI 23 Octobre
8H - Présentation- Discours d'introduction
8H15 - Daniel Margueron (docteur en lettres) : « La rencontre des peuples comme une mort annoncée ».(+ témoignage de Tumata Robinson à partir de son ouvrage).
8H45 - Chantal Spitz (écrivain) : Vivre après la mort de son enfant.
9H15 - Edgar Tetahiotupa (docteur en anthropologie) : « ..., o ai òe nei ? »
10H - PAUSE (15mn)
10H15 - Astrid Drollet : (enseignante de Reo Maohi, secrétaire de l'Association Rohutu Noànoà) :Les lieux d'envol des âmes dans la société traditionnelle polynésienne.
10H45 - Père Auguste Carlson (prêtre-théologien) : La mort vue par la doctrine catholique.
11H 30 - PAUSE-DEJEÛNER
13H- M. Tapati (pasteur protestant maohi) : La mort vue par l'église protestante maohi (intervention en reo maohi et résumé en français).
13H30 - Sunny Walker (président de l'association Te hivarereata) : Culte des ancêtres : place et rôle du mort dans la société polynésienne ancestrale, survivance du concept malgré la christianisation du peuple ma'ohi.
14H - Tamatoa Bambridge (docteur en sociologie) : La mort dans la tradition maohi contemporaine ou la renaissance d'une logique ancienne.
14H30 - PAUSE (15mn)
14H45 - Josias Teuira (pasteur adventiste) : La mort selon l'Eglise Adventiste du 7è jour.
15H15 - Simone Grand (docteur en anthropologie et en biologie) : « Penser la mort, c'est penser la vie ».
VENDREDI 24 Octobre
8H - Ernest Sin Chan (docteur en psychologie clinique) : Parcours des défunts hakkas de Polynésie : du métissage et de l'identité des morts et des ancêtres des migrants hakkas de Polynésie à la construction identitaire de leurs descendants.
8H30 - Docteur Gérard Garnier (médecin-chercheur) : Traumatophilie ou conduites ordaliques : deux concepts de la clinique psycho-sociale de l'adolescence.
9H00 - Bruno Stefan (psychologue de l'éducation): La mort parlée à l'école, faut-il parler à l'école de la mort aux enfants ?
9H45 - PAUSE (15mn)
10H00 - Docteur Michel Dewez (psychiatre, psychanalyste) :« Infiniment lentement ».
10H30 - Didier Haffner (psychologue clinicien, art-thérapeute) :L'art-thérapie avec les enfants endeuillés ; lorsque la parole est difficile, voire impossible.
11H 30 - PAUSE-DEJEÛNER
13H00 - Manolita LY (psychologue clinicienne) : Crise d'urgence, trauma et accompagnement médico-psychologique
13H30 - Albert Hugues (psychologue clinicien) : A la vie, à la mort : rêver de nos morts.
14H00 - Docteur Stéphane Amadéo (médecin-psychiatre): Accompagnement des suicidaires, des suicidants et de l'entourage des suicidés par l'association SOS Suicide et à travers le programme SUPRE/START de l'OMS en Polynésie française.
+ 2 témoignages
14H45 - PAUSE (15mn)
15H00 - Nathalie Colin (psychologue clinicienne) : Soins palliatifs et accompagnement en fin de vie : pistes de réflexion.
15H30 - Nadia LAW (psychologue clinicienne) : Processus de deuil dans le système familial.
16H - Mot de clôture - bilan par le modérateur M. Roquejoffre A. (docteur en sociologie)
relais médias:
- sur TNTV dimanche 02 nov. 18:15 sunny moanaura W. est l'invité de l'émission "INFO7"(en langue tahitienne)